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CBD et Cannabis en Tunisie : Ce que Dit la Loi

· ✍️ TealerLab· ⏱ 6 min lecture · 📊 1275 mots

📌 À retenir

  • Le CBD n'a aucun cadre légal en Tunisie : la loi ne le distingue pas du cannabis.
  • Consommer ou détenir de la zatla est un délit : 1 à 5 ans de prison et 1 000 à 3 000 dinars d'amende.
  • Depuis 2017, le juge peut accorder des circonstances atténuantes et descendre sous un an.
  • Une proposition de loi de 2025 qui allégerait la première consommation est toujours en commission.
  • Aucun cannabis médical : pas de programme, pas de médicament enregistré à notre connaissance.

Non, le cannabis n'est pas légal en Tunisie, et le CBD non plus n'y bénéficie d'aucune exception. La loi de 1992 sur les stupéfiants punit la simple consommation de prison ferme, même pour un joint. Chez TealerLab, on reçoit chaque été des messages de clients qui partent à Djerba, Hammamet ou Tunis et se demandent s'ils peuvent glisser leur sachet de fleurs CBD dans la valise. Voici ce que dit la loi sur le cannabis en Tunisie en 2026, et pourquoi le cannabis légal en Tunisie n'existe pas, pas même sous forme de CBD.

Produit ou usage Statut en Tunisie (2026)
CBD (fleurs, résine, huiles) Aucun cadre légal, assimilé au cannabis
Consommation de cannabis Délit, 1 à 5 ans et 1 000 à 3 000 dinars
Détention pour usage personnel Même régime que la consommation
Culture Interdite, aucune culture légale identifiée
Vente Interdite, traitée comme du trafic
Cannabis médical Inexistant

Le CBD est-il légal en Tunisie ?

Non. La loi n° 92-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants ne fait aucune distinction entre le cannabis riche en THC et le chanvre à faible taux. Il n'existe en Tunisie ni seuil de THC autorisé, ni circuit de vente encadré, ni produit CBD enregistré auprès des autorités sanitaires, à notre connaissance.

Concrètement, une fleur ou une huile parfaitement légale en France n'a aucune existence juridique de l'autre côté de la Méditerranée. Le taux de 0,3 % de THC, qui fait la conformité de nos fleurs de CBD en Europe, ne protège de rien en Tunisie. Pour un contrôle de police ou de douane, un sachet de fleurs reste un sachet de cannabis.

On n'a trouvé aucune position officielle du ministère de la Santé ou des douanes tunisiennes spécifique au CBD. Dans le doute, la règle est simple : on considère qu'il est interdit.

Cannabis en Tunisie : ce que prévoit la loi 52

La « zatla », comme on appelle le cannabis en Tunisie, est réprimée par l'article 4 de la loi 52. La consommation et la détention pour usage personnel y sont punies de la même façon, quelle que soit la quantité :

  • Prison : de 1 à 5 ans.
  • Amende : de 1 000 à 3 000 dinars.
  • Culture et vente : interdites et poursuivies comme du trafic, avec des peines nettement plus lourdes.

Pendant 25 ans, le juge ne pouvait pas descendre sous la peine minimale d'un an. La réforme d'avril 2017 lui a rendu ce pouvoir : il peut désormais appliquer les circonstances atténuantes du Code pénal pour les infractions de consommation. Le principe de la pénalisation, lui, n'a pas bougé.

Dépistage urinaire : le point qui piège

En Tunisie, le test urinaire peut être pratiqué sur une personne en garde à vue, y compris quand elle a été arrêtée pour tout autre chose. Un résultat positif peut suffire à fonder une condamnation pour usage, selon Human Rights Watch et la presse tunisienne.

Le test détecte des traces d'une consommation passée. On ne sait pas précisément comment la justice traite une consommation faite légalement à l'étranger avant le séjour, et on ne prendrait pas le risque de le découvrir.

Une réforme en discussion au Parlement

Le débat n'a jamais vraiment cessé. Une proposition de loi n° 11/2025, déposée le 25 février 2025 par une quinzaine de députés, vise à modifier la loi 52. Pour une première consommation, elle prévoit 6 mois à 1 an de prison ou une amende de 3 000 à 10 000 dinars, avec des alternatives comme l'accompagnement psychologique ou les travaux d'intérêt général. En parallèle, elle renforce les moyens d'enquête contre les réseaux.

Fin septembre 2026, le texte était toujours en commission, son passage en séance plénière attendant l'audition du ministère de la Justice. Il n'est donc ni adopté, ni applicable. Le 11 septembre 2026, le président Kaïs Saïed a par ailleurs gracié des étudiants et élèves condamnés pour consommation ou possession sans lien avec le trafic, selon Kapitalis.

L'enjeu est concret : le ministre de la Justice évoquait en novembre 2025 plus de 10 000 détenus pour des affaires de drogue, et les affaires de stupéfiants seraient passées d'environ 5 000 en 2022 à plus de 15 000 en 2025.

Voyager en Tunisie avec du CBD : nos conseils

  • N'emporte aucun produit au CBD : ni fleur, ni résine, ni huile, ni cosmétique. L'importation de stupéfiants expose à des peines bien plus lourdes que la consommation.
  • Ne cherche rien sur place : aucun commerce de CBD légal n'existe, tout achat passe par le marché illicite.
  • Pense au dépistage : une garde à vue pour un motif banal peut déboucher sur un test urinaire.

La page « Conseils aux voyageurs » du ministère français des Affaires étrangères, mise à jour le 10 septembre 2026, ne mentionne pas spécifiquement le cannabis. Ce silence ne vaut pas tolérance. Pour comparer avec chez nous, tu peux relire ce que dit la loi française sur le CBD.

À retenir

La Tunisie reste l'un des pays les plus répressifs de la région sur le cannabis : un an de prison minimum en principe pour un usage, aménageable par le juge depuis 2017, et aucune place pour le CBD. Une réforme plus souple est sur la table, mais tant qu'elle n'est pas votée, rien ne change.

Pour ton voyage : ton CBD reste en France, et tu profites de la Tunisie sans.

Article informatif, à jour au 12 octobre 2026. Sources : loi tunisienne n° 92-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants, réforme de 2017, proposition de loi n° 11/2025 de l'Assemblée des représentants du peuple, Human Rights Watch, ministère tunisien de la Justice, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC).

FAQ

Que veut dire « zatla » ?

C'est le nom courant du cannabis en Tunisie. Le terme désigne surtout la résine, mais la loi 52 vise toutes les formes de la plante, fleur comme résine.

Un dépendant peut-il éviter les poursuites ?

La loi 52 prévoit un mécanisme de soin : une personne dépendante qui demande un traitement avant d'être découverte, puis suit sa cure, peut échapper aux poursuites, selon les analyses juridiques consultées.

Peut-on acheter du CBD en pharmacie en Tunisie ?

Non. À notre connaissance, aucun médicament ni complément à base de cannabis ou de CBD n'est enregistré en Tunisie, contrairement au Maroc voisin où des produits CBD enregistrés sont vendus en pharmacie.

Combien de personnes sont en prison pour cannabis en Tunisie ?

Le dernier chiffre précis date de 2015 : environ 70 % des quelque 7 450 détenus pour drogues l'étaient pour consommation ou détention de cannabis, selon Human Rights Watch. Aucune donnée récente spécifique au cannabis n'a été publiée.

La réforme de 2025 légaliserait-elle le cannabis ?

Non. Elle allégerait la sanction d'une première consommation et ouvrirait des alternatives à la prison, mais la consommation resterait une infraction.