📌 À retenir
- Le CBD n'a aucun cadre légal au Vietnam : le droit ne distingue pas le chanvre du cannabis selon le taux de THC.
- Le cannabis y est un stupéfiant au même titre que l'héroïne, sans programme médical.
- Depuis le 1er juillet 2025, l'usage peut mener en prison pour les personnes déjà en cure ou en suivi.
- Une nouvelle loi sur les drogues s'applique depuis le 1er juillet 2026, avec dépistage renforcé.
- La peine de mort a été supprimée pour le transport en 2025, mais reste encourue pour le trafic.
Non, le cannabis n'est pas légal au Vietnam, et le CBD non plus. C'est l'un des régimes les plus fermés d'Asie : aucun usage médical, aucune exception pour le chanvre, et une législation qui s'est encore durcie en 2025 puis en 2026. Chez TealerLab, des clients qui partent à Hanoï ou Da Nang nous demandent s'ils peuvent emporter leur huile. La réponse est non, et voici ce que prévoit la loi sur le cannabis au Vietnam en 2026.
| Produit ou usage | Statut au Vietnam (2026) |
|---|---|
| CBD (huiles, fleurs, cosmétiques) | Aucun cadre légal, saisie et poursuites possibles |
| Cannabis médical | Inexistant, ordonnances étrangères sans valeur |
| Premier usage | Amende administrative de 1 à 2 millions de dongs |
| Usage pendant une cure ou un suivi | Délit, 2 à 5 ans de prison |
| Détention à partir de 1 kg d'herbe ou 1 g de résine | Délit, 1 à 5 ans de prison au premier palier |
| Culture à partir de 500 plants | Délit, 6 mois à 3 ans de prison |
| Trafic | Puni quelle que soit la quantité, peine de mort aux plus hauts paliers |
Le CBD est-il légal au Vietnam ?
Non, et c'est le point qui surprend le plus. En Europe, le CBD est légal parce qu'il provient d'un chanvre dont le taux de THC reste sous un seuil fixé par la loi. Le droit vietnamien ne connaît pas cette distinction : chanvre et cannabis y sont traités de la même façon, quel que soit le taux de THC.
Aucun texte n'autorise la vente de CBD dans le pays. Importer une huile de CBD, même achetée légalement en France et accompagnée de son analyse, expose à une saisie et à des poursuites. Les ordonnances étrangères n'ont pas davantage de valeur en douane.
Notre conseil est donc sans nuance : garde tes huiles de CBD pour ton retour en France. Aucun produit au cannabis, CBD compris, ne doit entrer au Vietnam dans tes bagages.
Cannabis au Vietnam : une prohibition qui se durcit
Le cadre de base est le Code pénal de 2015, modifié en 2017, qui réprime la culture (article 247), la détention (article 249), le transport (article 250) et le trafic (article 251). Mais deux réformes récentes ont nettement changé la donne pour l'usager :
- 1er juillet 2025 : entrée en vigueur de l'article 256a du Code pénal. L'usage illicite de stupéfiants devient un délit, puni de 2 à 3 ans de prison (3 à 5 ans en récidive), pour les personnes déjà en cure, sous traitement de substitution ou en période de suivi post-cure.
- 1er juillet 2026 : entrée en vigueur de la loi n° 120/2025/QH15 sur la prévention et le contrôle des drogues, adoptée le 10 décembre 2025 par 440 voix sur 444. Elle renforce le dépistage, place pendant un an sous gestion administrative les personnes testées positives et prévoit une surveillance électronique.
Pour un premier usage, la sanction reste administrative : une amende de 1 à 2 millions de dongs (environ 35 à 70 euros), selon le décret 282/2025/ND-CP. Mais elle n'est plus anodine : depuis juillet 2026, la personne testée positive est placée sous gestion administrative pendant un an, ce qui la rapproche de la responsabilité pénale. Pour comparer, le régime français repose sur une amende forfaitaire, qu'on a détaillée dans notre article sur l'amende pour cannabis et le CBD.
Détention et culture : les seuils du Code pénal
En dessous des seuils pénaux, la détention est sanctionnée administrativement. Au-dessus, on bascule dans le délit :
- Herbe (feuilles, fleurs, tiges) : délit à partir de 1 kg, puni de 1 à 5 ans. De 10 à 25 kg, la peine passe à 5 à 10 ans.
- Résine : délit à partir de 1 g, puni de 1 à 5 ans jusqu'à 500 g.
- Culture : de 500 à moins de 3 000 plants, 6 mois à 3 ans ; au-delà, 3 à 7 ans. En dessous, amende administrative et destruction des plants.
Point essentiel : en cas de récidive ou d'antécédent, toute quantité devient pénale. Pour les quantités les plus élevées, la détention peut aller jusqu'à la perpétuité.
Peine de mort : ce qui a changé en juin 2025
Le 25 juin 2025, l'Assemblée nationale vietnamienne a supprimé la peine de mort pour huit infractions, dont le transport de stupéfiants (article 250), avec effet au 1er juillet 2025. Les condamnations à mort antérieures pour transport ont été commuées en perpétuité.
La peine capitale reste en revanche encourue pour le trafic (article 251), aux paliers les plus élevés, à côté de 20 ans de prison ou de la perpétuité. Le trafic est d'ailleurs puni quelle que soit la quantité.
Voyager au Vietnam : ce qu'il faut savoir
Au-delà de la douane, le risque se joue aussi dans la rue. La police mène des descentes avec tests urinaires sur place dans les quartiers festifs de Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Da Nang. Un test positif entraîne au minimum une amende et, pour un étranger, un risque d'annulation de visa et d'expulsion, cette dernière pouvant être prononcée en peine complémentaire.
Méfie-toi aussi des offres de rue et des plats « happy » proposés aux routards. L'achat reste un délit, et un simple test positif te fait entrer dans le dispositif de gestion administrative d'un an prévu par la loi de 2026.
À noter : la fiche Conseils aux voyageurs du ministère français des Affaires étrangères, mise à jour le 10 septembre 2026, ne détaille pas la question des stupéfiants. C'est le droit local qui s'applique, sans aménagement pour les touristes.
Le paradoxe du chanvre H'Mong
Dans le nord du pays, autour de Ha Giang et Lao Cai, les femmes H'Mong cultivent le chanvre depuis des siècles pour tisser leurs vêtements rituels. Cette pratique est tolérée à petite échelle, alors même que la loi ne fait aucune différence entre chanvre et cannabis.
À retenir
Le Vietnam maintient une prohibition totale du cannabis, sans exception médicale ni place pour le CBD, et la tendance récente va vers plus de contrôle de l'usager : article 256a en 2025, loi sur les drogues en 2026. La suppression de la peine de mort pour le transport n'a pas touché au trafic.
Pour toi, la règle est simple : aucun produit au cannabis dans tes bagages, CBD compris, et aucun achat sur place. Pour situer le Vietnam parmi les autres pays, notre panorama mondial des législations te donne la vue d'ensemble.
Article informatif, à jour au 24 septembre 2026. Sources : Code pénal vietnamien de 2015 modifié (articles 247, 249, 250, 251 et 256a), loi n° 120/2025/QH15 sur la prévention et le contrôle des drogues, décret 282/2025/ND-CP, ministère vietnamien de la Sécurité publique, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC).
FAQ
Trouve-t-on des boutiques CBD au Vietnam ?
Aucun cadre légal ne permet d'en ouvrir. Le droit vietnamien ne distingue pas le chanvre du cannabis, donc un commerce de CBD n'a pas d'existence légale dans le pays.
Une crème ou un cosmétique au CBD pose-t-il aussi problème ?
Par prudence, oui. La consigne est de n'emporter aucun produit à base de cannabis, et le CBD n'est pas exclu de cette règle.
Les montants d'amende sont-ils définitifs ?
Ils reposent sur le décret 282/2025/ND-CP, mais de nouveaux décrets pourraient les réévaluer en 2026. Le décret d'application de la loi de 2025 et la pratique réelle de la gestion d'un an sont aussi à suivre.
Un étranger peut-il être expulsé pour un test positif ?
C'est un risque réel. L'expulsion peut être prononcée comme peine complémentaire, par voie administrative ou pénale, et un test positif peut entraîner l'annulation du visa.
Le Vietnam a-t-il un programme de cannabis médical ?
Non. Il n'existe aucun programme médical, et aucune ordonnance étrangère n'est reconnue, contrairement à la Thaïlande qui délivre des ordonnances locales.